Ahmed Sparrow : rodage tranquille avant décollage !

J’ai eu l’opportunité de découvrir Ahmed Sparrow alors qu’il faisait la première partie du rodage du nouveau spectacle de Donell Jacksman au Point Virgule cet été. Il m’a fait beaucoup rire. Je suis donc allée au rodage de son propre spectacle au Sentier des Halles.

Ahmed Sparrow est dynamique, jeune, attachant. Il fait de bonnes interactions avec le public et sait improviser.Il nous parle de sa jeunesse et de la particularité de vivre dans une famille de 12 enfants, sa mauvaise expérience de vol de voiture. Il nous dépeint également la différence entre les sports classieux comme le tennis et ceux beaucoup plus populaires. Il ne s’attaque pas au sujet des relations amoureuses car, il ne s’en cache pas, ce n’est pas un sujet qu’il maîtrise même s’il prône l’amour – oh que oui. Ce sont les membres du public qui servent de cobaye pour cette partie là. Car oui, il y a des sujets qui reviennent toujours. Et je parlerai alors d’un bémol : Ahmed parle beaucoup des différences de religions, de l’inégalité des chances et des clichés propres à certaines communautés. On rit, mais c’est du déjà vu.

En tout, 1h de spectacle dont le rodage semple plutôt bien avancé. Ahmed est à l’aise sur scène, « tranquille » comme le titre de son spectacle. Il est touchant et lui aussi, donne envie de l’avoir parmi ses potes. Pas de doutes, vous entendrez beaucoup parler de lui. N’hésitez pas à aller le voir en rodage tous les samedis soirs au Sentier des Halles, vous passerez un bon moment.

Petit Manu Payet est devenu grand Emmanuel

Manu Payet ne veut plus se faire appeler Manu. Manu, c’est pour les jeunes, ça fait pas sérieux. Aujourd’hui, appelez-le Emmanuel. Celui qui a su quitter ses parents, tout en essayant de les comprendre.

J’ai vu Emmanuel, le dernier spectacle de Manu Payet que j’avais déjà vu en rodage il y a quelques années. Après avoir eu une première partie de folie, avec Bun Hay Mean qui nous a donné un avant-goût de son nouveau spectacle (écrit en 2 mois tout juste), nous avons retrouvé Manu Payet dans un Olympia comble. Décor épuré d’ampoules de lumière, s’improvisant parfois DJ (et très bon danseur), Manu Payet nous a parlé de son enfance et de sa vie de couple. Des engueulades entre amoureux et des soirées entre amis. Aucun doute, on a très envie d’être ami avec Manu Payet. Même si certains sujets aperçus au rodage ont manqué au spectacle (notamment son installation à Place des Vosges et les caricatures du quartier), j’ai ri et je ne me suis pas ennuyé.

Et à la fin, on voulait effectivement partir faire la fête avec le reste des spectateurs et Manu en guest.
Il reste quelques dates de tournée en France avant la fin des représentations. Vous pouvez y aller sans crainte, vous aurez près de 2h de rire vous permettant d’échapper au quotidien et à ses contraintes.
Billetterie ouverte.

Monsieur Fraize : digestion très difficile

Hier, j’ai été voir Monsieur Fraize en spectacle à l’Européen. Honnêtement, je ne connaissais pas ce monsieur mais deux collègues m’ont poussé à aller le voir car il s’agissait du ‘meilleur one man show qu’ils ont pu voir’. On m’a quand même prévenu : c’est très spécial et certains spectateurs ont quitté la salle en plein milieu de la représentation. Curieuse, j’ai testé… et je dois avouer que, pour la première fois de ma vie, j’ai quitté la salle avant la fin du spectacle.

Dès les 10 premières minutes, j’ai su que ça allait être dur. Se prenant pour un ‘clown pour adultes’, Monsieur Fraize a fait mine de louper son entrée sur scène et de n’avoir aucun texte, en soufflant dans son micro pour le tester. Les gens dans le public sont hilares, moi je grimace.

Finalement ce monsieur nous explique qu’il est sur scène pour travailler, gagner de l’argent et s’acheter des produits en promotion. On aura un long moment de démonstration d’un catalogue Carrefour, et je me dis que je serai mieux chez moi, dans mon lit. Un premier couple quitte la salle et je me pense que ça sera bientôt mon tour.

J’ai tenu en tout, trois quarts d’heure avant de m’enfuir devant ce spectacle. Au moins, on ne peut pas dire que Monsieur Fraize n’est pas original et qu’il ne prend pas de risque. C’est un ovni. Mais je dois dire que l’humour par le néant ne me plaît pas. J’aime quand ça parle, ça interagit et c’est fin. Je me suis revue, lorsqu’au lycée, j’étais allée voir la pièce En Attendant Godot qui m’avait horripilée, jusqu’à ce qu’on arrive à l’analyse de texte qui faisait sens. J’ai perdu ma soirée mais au moins, j’ai pu me faire un avis.

Monsieur Fraize, ce n’est pas pour moi mais si vous aimez tenter des expériences, allez-y, il joue encore à l’Européen.

[Coup de coeur] Sugar Sammy, maître du stand-up

Sugar Sammy est un humoriste canadien d’origine indienne, adepte du stand-up et qui a déjà fait voyager son spectacle un peu partout dans le monde. Installé depuis quelques temps en France, il était temps que j’aille le découvrir sur scène, après toutes les critiques dithyrambiques entendues à son égard. Je l’ai donc découvert un peu avant Noël, sur ses dernières dates, avant d’apprendre – oh la bonne nouvelle – qu’il sera de retour pour de nouvelles dates en France en 2019.

Il présente un spectacle écrit spécialement pour la France dans la tradition du stand-up américain : un micro, pas de censure ! Il interagit avec le public sans mettre les gens mal à l’aise (évitez tout de même les premiers rangs si vous êtes timides). Il y parle des clichés des parisiens, de la vie de couple, du racisme… Des thèmes, certes déjà vus et revus mais une approche nouvelle, franche, à ne pas voir si vous êtes une âme sensible. Chaque spectacle est unique car il dépend du public et des interactions avec celui-ci.

Pour conclure, je dirai que Sugar Sammy fait partie des meilleurs comiques que j’ai eu la chance de voir sur scène et j’ai ri aux larmes du début à la fin, étant une fan d’humour noir. Il joue à l’Alhambra jusqu’à fin décembre puis sera de retour en avril. Cette fois, vous n’avez pas d’excuse pour le manquer !

Rachid Badouri revient rechargé avec son nouveau spectacle

Rachid Badouri joue actuellement son nouveau spectacle Rechargé au Théâtre Comédia à Paris. J’ai eu la chance de le découvrir sur scène, n’ayant pas vu son premier spectacle. 

S’il y a bien une chose que l’on peut dire concernant Rachid Badouri, c’est qu’il ne manque pas d’énergie. Un vraie pile électrique sur scène. Personnellement, je ne suis pas fan de ces humoristes qui font des mimiques pour faire rire. Courtemanche a fait son temps et moi ça me fatigue plus qu’autre chose. Aujourd’hui je cherche la finesse et surtout, des sujets vrais mais qui n’ont pas été traités par tous les comiques de la scène parisienne, et il y en a. Rachid Badouri parle de sa vie, de ce qu’il s’est passé pendant ces années où il n’était plus sur le devant de la scène : sa vie de couple, ses problèmes de santé, son papa, son nouveau rôle de papa. Et il nous emporte dans une histoire dans laquelle on ne l’attendait pas : son histoire, la perte de sa maman. Et c’est clairement à ce moment là que l’on est ‘rechargé’ par l’humoriste

Sans rentrer dans le pathos ni dans la vulgarité, Rachid Badouri a été acclamé par son public. Un public à voir en famille, en couple ou entre amis. N’ayez pas de doutes, vous serez charmés. Je n’ai pas ri aux larmes mais j’ai fait une belle découverte et j’ai enfin compris qui était ce fameux Canadien d’origine Marocaine.

Il joue au Comedia jusqu’à fin décembre puis en tournée dans plusieurs villes de France. Vous pouvez réserver sans craintes.

Les Coquettes : trois anti-diva sur scène

Elles ont explosé il y a quelques années et ont déjà parcouru toute la France. J’ai eu l’occasion d’enfin découvrir les Coquettes sur scène. Le concept : 3 super chanteuses et 3 personnalités, des caractères bien trempés, qui chantent leurs états d’âme.

Sur scène, il n’y a aucun filtre mais il en faudrait plus pour être choqué. Elles se moquent d’elles-mêmes pour mieux envoyer valser les clichés, flinguent les relous à coups de syncopes féministes et se jouent des conventions pour mieux en rire. On rit et même si l’on peut penser que ce spectacle s’adresse exclusivement aux femmes (GIRL POWER), les hommes passeront eux aussi un bon moment. 

Plus que des chansons, les textes sont drôles. Bon, ce n’est pas le spectacle le plus drôle que j’ai pu voir, mais c’est frais, original et on passe un vrai bon moment.

Après avoir enflammé l’Olympia en 2017, Les Coquettes seront à Paris, au Grand point Virgule pour quelques mois avant de partir en tournée.

 

Anne-Sophie Girard et son one woman show : décevant

Je connaissais bien Anne-Sophie Girard pour ses livres humoristiques que l’on range dans ses toilettes ‘La femme parfaite est une connasse’. Souvent mise en avant à la télé dans des situations saugrenues grâce à l’animateur Arthur, je savais également qu’elle avait écrit un one woman show, que j’ai loupé. Je me suis rattrapé avec son nouveau spectacle qu’elle présente actuellement au Théâtre des Mathurins.

Je n’y allais pas avec de grosses exigences mais plutôt de la curiosité. Je dois avouer que j’ai été déçue. Une heure de spectacle (heureusement), au cours duquel, j’ai entendu des punchlines que je suis persuadée d’avoir entendues auparavant ou lues sur les réseaux sociaux. Et pour ce qui est de ses touches personnelles, je n’ai pas vraiment ri. On voit bien qu’Anne-Sophie avait le trac (il s’agissait de ses premières dates) et certes, elle reste fraîche et naturelle mais je n’ai pas vraiment accroché, probablement à cause du sentiment de déjà-vu. Beaucoup de thèmes ont déjà  été vus et revus par d’autres comiques (la peur de finir seule et folle, les soirées de trentenaires où les sujets de conversation sont déprimants, la soif de poursuivre son rêve de comédienne).

Les gens dans la salle ont ri. J’ai assouvi ma curiosité mais j’en ai vu assez. Je pense que le spectacle va évoluer, à voir s’il en sera plus appréciable avec le temps.

Fabrice Eboué n’a plus rien à perdre et il le fait savoir !

Hier, j’ai eu l’occasion d’assister à une représentation du dernier spectacle de Fabrice Eboué sur la scène du Théâtre de la Renaissance. J’avoue n’avoir jamais vu l’un de ses spectacles et je le connais plutôt à travers ses films (le dernier, Coexister m’avait fait mourir de rire) et ses buzz, comme celui du ‘clash’ avec Anne Hidalgo.

Premier spectacle pour moi et pas des moindres, j’ai passé un excellent moment. 1h30 de spectacle où le comique ne tient pas en place et débite des énormités sur notre société : les couples mixtes, les vegans, les complotistes, la politique, et il envoie valser tous les clichés divers et variés de notre société. Attention toutefois : si vous n’êtes pas un adepte de l’humour noir, vous risquez d’être mal à l’aise. Car il n’y va pas de main morte, mais il prévient dès le début du spectacle.

Personnellement, je suis étonnée de savoir que le spectacle a été nommé pour le Molière du meilleur spectacle d’humour, alors qu’on vit dans un monde où tous les sujets sont bons pour s’insurger et dénoncer. Une évolution dans le bon sens ?

Fabrice Eboué joue jusqu’à fin avril au Théâtre de la Renaissance puis partira en tournée en France. Si vous avez besoin d’une soirée de détente et de franche rigolade, et que l’humour noir est votre pêché mignon, allez-y !

Kheiron : à pleurer de rire !

J’aurais dû y aller plus tôt. Après avoir entendu plusieurs personnes me répéter à quel point son spectacle est génial, j’ai enfin été voir Kheiron sur scène pour 1h de rire. Et quel kiffe !

Le garçon est très fort. Tout le spectacle est basé sur des interactions avec le public, qui laissent place à des improvisations totales. Personnellement, j’ai pleuré de rire. Cette heure de rire a été une vraie évasion, un moment de détente vraiment appréciable, même si on a parfois peur d’être parfois interpellé par l’humoriste. Attention, n’y allez que si vous n’êtes pas susceptible et que le second degré est à votre portée, sinon vous allez grincer des dents. Bravo à Kheiron qui a dirigé son spectacle comme un chef !

Pour ma part, j’ai déjà pris mes billets pour retourner le voir. Je suis conquise, à votre tour !

Nouveau spectacle d’Alex Lutz : un homme et son cheval

Alex Lutz a réussi ses dernières années à faire sa place sur les petits et grands écrans avec son humour décalé et ses mises en situation toujours plus étonnantes. J’ai eu l’occasion de découvrir son deuxième spectacle lors de son passage à l’Olympia de Paris fin février.

Je dois dire que j’ai acheté ma place en ayant seulement lu les critiques des médias qui étaient toutes plus positives les unes que les autres. Puis, juste avant de voir le spectacle, j’ai pu lire des critiques de spectateurs et j’ai pris peur : une grande majorité des spectateurs ont trouvé le spectacle long, un artiste éloigné du personnage qu’il s’est créé, un cheval sur scène sans intérêt… bref, rien de bien glorieux.

J’y suis allé pour me faire ma propre idée. Et ce que je peux en dire, c’est que le spectacle est réellement un ovni dans le genre. Je comprends qu’Alex Lutz ne puisse pas convenir à tous les publics et que les avis puissent être aussi divergents. Ce à quoi on ne s’attend pas forcément, c’est que ce spectacle n’est pas seulement un spectacle d’humour, mais c’est aussi du théâtre, avec des mises en scène particulières (notamment la présence d’un magnifique cheval sur scène) et des textes travaillés. Pour ma part, je n’ai pas ri aux éclats, j’ai souri et j’ai parfois été bluffée par Alex Lutz.

Il y a de quoi être déboussolé. Au final, j’ai du mal à dire si j’ai aimé ou pas, mais ce que je peux dire, c’est qu’on en ressort avec l’envie d’en parler, de partager les avis et qu’on y repense encore et encore. A voir, si vous êtes ouvert d’esprit et que vous ne vous attendez pas à un one man show basique, comme on peut en voir des tas en ce moment.